Histoire

“Protéger et promouvoir les droits, les besoins et les intérêts des Canadiens sourds”
L’Association des Sourds du Canada (ASC) est un des premiers véritables groupes d’entraide fondés au Canada. Cette association fut crée en 1940 et a été baptisée avec le nom de l’Association Interprovinciale des Sourds par trois grandes associations régionales des Sourdes – l’Association du Canada Ouest, l’Association de l’Ontario et l’Association du Canada Est — avec le support de l’Association des Sourds de Montréal.

En 1948, l’Association a été constituée sous le régime de la loi fédérale, et elle est devenue connu officiellement sous le nom de l’Association des Sourds du Canada. Alors que l’Association a fait appel à un certain nombre de personnes non Sourdes afin de combler des postes consultatifs, des postes sur des comités ou dans le personnel, l’ensemble du conseil d’administration de l’ASC est néanmoins composé de personnes Sourdes qui ont administré les affaires de l’Association dès le début.

Histoire de l’Association des Sourds du Canada

I. La préhistoire
Avant la fondation de l’Association des Sourds du Canada en 1940, il existait déjà des dizaines et même des centaines de clubs de Sourds dans les villes, les provinces et les régions canadiennes.

Le plus ancien groupe de consommateurs sourds encore en activité est la Ontario Association of the Deaf (Association des Sourds de l’Ontario), fondée en 1886. La Eastern Canada Association of the Deaf (l’Association des Sourds de l’Est canadien) remonte à 1904 et la Western Canada Association of the Deaf (l’Association des Sourds de l’Ouest canadien) a été fondée en 1923. Le quatrième organisme affilié fondateur de l’ASC, l’Association des Sourds de Montréal était le plus récent de ces groupes, puisqu’il a été établi en 1929.

L’OAD et la WCAD administraient chacune leur propre fonds de bourses d’études pour l’éducation des Sourds, mais seuls les Sourds résidant dans ces régions pouvaient présenter leur candidature. Par conséquent, plusieurs milliers de personnes sourdes d’autres régions n’avaient pas accès à des bourses d’études pour les aider à améliorer leur éducation.

Il fallait donc un organisme national pouvant administrer un fonds qui fournirait des bourses d’études à toute personne sourde au Canada. C’est ainsi qu’a été créée l’Association des Sourds du Canada en 1940.

II. Les premières années
Saviez-vous que l’Association des Sourds du Canada est la première et la plus ancienne organisation de personnes handicapées à l’échelle nationale au Canada?
Appelée à l’origine Association interprovinciale des Sourds, le nom a été changé en 1946 et l’Association a été constituée en société au niveau fédéral en 1948. Les membres sourds de la charte étaient David Peikoff, Robert McBrien, Howard Lloyd, Joe Rosnick et Donald Kidd.

L’ASC a établi le Fonds des bourses d’études (plus tard Fonds pour l’éducation) des Sourds canadiens pour fournir des subventions permettant d’envoyer des étudiants sourds au collège (plus tard à l’université) Gallaudet. À cette époque, Gallaudet était la seule université accessible dans le monde.

Lorsque le mandat du FCES a été modifié au début des années 1970, il avait aidé plus de 100 Sourds canadiens à suivre des études post-secondaires.

L’ASC s’est également battu vigoureusement contre le bannissement des enseignants sourds et de l’ASL dans plusieurs provinces au cours des années 1940 et 1950.

Les forces armées avaient réquisitionné certaines écoles pour les Sourds pour s’entraîner au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Quand il est devenu évident que le gouvernement n’allait pas rendre les écoles après la guerre, l’ASC a protesté avec succès et a obtenu le retour des écoles à la communauté des Sourds.

Au cours des années 1950, l’ASC a étudié la possibilité de créer une école secondaire et un collège pour les Sourds du Canada et a obtenu le droit de prolonger l’éducation des Sourds au-delà de la 10e année.

III. Les années intermédiaires
David Peikoff a pris sa retraite en 1960 après 20 ans au poste de secrétaire et Robert McBrien a suivi en 1967 après avoir été président pendant 27 ans!

Marshall Wick est devenu président avant de passer au poste de directeur général bénévole sept ans plus tard.

M. Wick a renforcé l’influence et l’importance de l’ASC. Le conseil d’administration et les membres de la direction venaient surtout de l’Ontario et du Québec en raison d’un manque de fonds, mais M. Wick a fait en sorte que toutes les provinces soient représentées.

M. Wick a amené le sous-titrage au Canada en établissant le fameux programme des « films sous-titrés pour les Sourds » de l’ASC. Au cours des années 1970, l’ASC a organisé des séances de visionnement de films sous-titrés dans tout le pays pour prouver au gouvernement fédéral qu’il existait un marché pour le sous-titrage. Le succès de cette initiative a ouvert la voie à une programmation télévisuelle sous-titrée au Canada en 1981.

C’est également M. Wick qui a introduit l’ASC pour la première fois à la communauté sourde internationale. En 1983, M. Wick et la présidente d’alors, Eleanor McPeake, sont devenus les premiers délégués de l’ASC à assister à un congrès mondial de la Fédération mondiale des Sourds.

La dernière contribution, et probablement la plus importante, de M. Wick à l’ASC a été d’obtenir du gouvernement fédéral une subvention annuelle de fonctionnement à partir de 1985 qu’elle a utilisé pour établir le premier siège social de l’ASC et pour engager les premiers employés rémunérés.

IV. Les années récentes
En 1986, l’ASC a engagé Jim Roots à titre de premier directeur général rémunéré et a élu Henry Vlug au poste de premier président en provenance d’une province de l’Ouest. L’année suivante, elle tenait son assemblée générale à Edmonton, pour la première fois en dehors de l’Ontario et du Québec.

N’oubliant jamais que sa raison d’être est l’éducation des Sourds, l’ASC a organisé la première grande Journée nationale pour l’éducation des Sourds dans tout le pays en 1989. Cet événement, qui a été à la une de l’actualité dans tous les médias du pays, a conduit à l’acceptation des éducateurs sourds et de l’instruction en ASL/LSQ dans les écoles pour les Sourds.

L’ASC a également mené des recherches sur le taux d’analphabétisme fonctionnel de 65% dans la communauté sourde et a conçu un programme modèle de formation en alphabétisation pour répondre à cette grave préoccupation.

En ce qui concerne les questions relatives à l’emploi, l’ASC a mené des recherches qui ont révélé un taux épouvantable de sous-emploi et de chômage parmi les Sourds canadiens. Lorsque le gouvernement fédéral ne s’est pas montré prêt à se soucier de ce problème, l’ASC a obtenu un financement pour créer de nouvelles possibilités d’emploi et de formation pour plus de 100 Sourds canadiens par an sur une période de cinq ans.

Dans son combat constant pour plus de sous-titrage, l’ASC s’est érigée en chef de file mondial de la programmation télévisuelle sous-titrée lorsque l’ancien président de l’ASC Henry Vlug a réussi à obtenir une décision du Tribunal des droits de la personne en 2002 exigeant le sous-titrage de la totalité de la programmation.

L’ASC s’est également adressée aux tribunaux pour faire appliquer la décision dans la cause Eldridge de 1997 selon laquelle tous les services et programmes gouvernementaux doivent être accessibles aux Sourds.

L’ASC a remporté des batailles judiciaires pour l’accès aux ATS, pour les ATS publics payants et pour des hôtels accessibles. Elle a lutté pour que des changements soient apportés aux crédits d’impôt pour les Sourds et les handicapés canadiens et pour des changements aux politiques d’immigration qui établissaient une discrimination contre les immigrants sourds.

Tout en formant des jeunes sourds à des carrières de conseillers professionnels en collecte de fonds, de travailleurs en développement des ressources communautaires et de producteurs de télévision et de vidéo, l’ASC a aussi établi un réseau national de « surveillants » chargés de protéger les personnes âgées sourdes et d’agir pour leur défense et a conçu un modèle de programme de garderies « adaptées aux Sourds ».

V. L’avenir!
En 2003, l’ASC a accueilli avec fierté le XIVe Congrès mondial de la Fédération mondiale des Sourds, auquel plus de 2 700 personnes de 101 pays ont participé.
Faisant fond sur l’enthousiasme suscité par ce mémorable événement, l’ASC prépare plusieurs stratégies innovatrices et proactives pour l’avenir. Venez vous joindre à nous pour réaliser les rêves de 310 000 Sourds canadiens!